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  • Catherine Hargreaves

A., architecte - 2/11

Dernière mise à jour : 9 janv.


A. est architecte et enseignante. Française, elle habite à Londres depuis très longtemps. Je la rencontre grâce à une amie à Saint-Denis. On se voit dans un restaurant turc à Dalston où Gilbert et George allaient souvent. La gentrification est partout mais ce restaurant ne semble pas avoir été touché, pas encore.

Le tableau qu'elle me dresse de l'Angleterre aujourd'hui est bien pessimiste. Activiste, elle me dit que pas un seul des combats menés ces dernières années n'a été gagné... c'est un peu tout dire.

L'impact du Brexit conjugué avec plusieurs années d'un gouvernement conservateur catastrophique se voit partout mais bien-sûr le gouvernement camoufle cet impact en disant que tout est à cause de la crise sanitaire. C'est vrai que le COVID a touché l'Angleterre très durement, Londres surtout. Il y a eu beaucoup de décès parmi les chauffeurs de bus par exemple.

Elle me dit que ce sont les "communs" qui souffrent en premier du Brexit et plus personne n'a réellement les moyens ni le temps de se battre ensemble. Les groupes d'activistes sont internationaux et nombreux.ses sont celleux qui ont quitté l'Angleterre suite au Brexit. Aussi beaucoup de Londoniens, par manque de moyens sont allés vivre ailleurs, dans le Nord ou ont même dû rentrer chez leurs parents. Une sorte de désertification de Londres.

Il y aussi l'inflation des prix, de l'électricité et du gaz et l'explosion depuis plusieurs années des banques alimentaires. Pour vivre à Londres, il n'est pas rare d'avoir à cumuler 3 à 4 boulots. Et comme d'habitude les pauvres sont de plus en pauvres et les riches de plus en plus riches. Pendant les confinements, le gouvernement a décidé d'augmenter les aides sociales pour les plus démunis de 20 livres, ces 20 livres viennent d'être retirées...

Et puis il y a le crack, comme à Paris qui semble prendre de plus en plus de place.

On évoque "Kill the bill", un mouvement de protestation contre une loi qui est passée qui entame sérieusement le droit de manifester. Elle me donne plusieurs noms de groupes de résistance et de personnes que je vais essayer de contacter pendant que je suis à Londres.

A. me parle aussi aussi des raisons qui font que certain.e.s londoniens de la working class, plutôt de gauche, comme les enfants des dockers, ont voté pour le Brexit.

Et puis on reparle de crise du logement en remontant à la décision catastrophique de Margaret Thatcher de mettre en vente un bon nombre de council flats (HLM) et comment ceux-ci manque cruellement aujourd'hui ou comment ceux qui restent sont souvent dans un état catastrophique (cf Scandale de l'incendie de la Grenfell Tower en plein Londres).


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C. est d'origine nigériane et aime aussi beaucoup Bristol. Il aime son cosmopolitisme et la gentillesse de ses habitant.e.s. Il habitait avant à Cardiff et il trouve que les gens ici sont plus "éduqué