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  • Catherine Hargreaves

Rencontre avec Tim Etchells

Dernière mise à jour : 2 mars



Rencontrer Tim à Sheffield devait être le point final de ma résidence. L'idée était d'arpenter le territoire anglais, d'en recueillir de nouvelles impressions ou de commencer à le connaître vraiment puis d'aller dans cette ville dans un Nord dont je ne connaissais rien et discuter avec l'un des créateurs d'une compagnie qui représente pour moi tout ce que j'aime du théâtre anglais, du théâtre tout court. Je voulais en savoir plus aussi sur le lien entre le territoire choisi pour créer la cie et la cie. A l'époque, Sheffield subissait de plein fouet la désindustrialisation, avait été le théâtre des grandes grèves trop tristement connues et le taux de chômage était extrêmement élevé. Les multiples reports et réorganisations de la résidence font que je le rencontre non pas à la fin mais pile au milieu.

La veille au soir, je découvre par hasard un livre qu'il avait écrit intitulé dont le titre en dit long sur sa vision de l'Angleterre: Endland. Une sorte de dystopie qui fait regarder l'Angleterre comme un pays où le Brexit ne peut être qu'une suite logique de ce que le Thatcherisme a initié. Mais Endland ne parle jamais directement de tout ça, comme un personnage du livre dit "it is not about something, it is something". Tim Etchells dit aussi dans une itw à propos du livre "reality is too important to be left to realists".

C'est très sombre, assez drôle, je n'ai pas encore fini.


Je suis encore loin de pouvoir partager mes intuitions de récit par rapport à Back to reality. Je suis en phase de réception. Réception active et mon travail pour le moment est d'observer ce que je ne connais pas du tout. Je me dis que c'est dommage de ne pas être plus avancée dans mon récit final pour cette rencontre mais je suis bien obligée de me plier au rythme de ce travail. Ce chemin de retour vers la réalité est très, très long.


Il me raconte comment ils ont créé la compagnie, pourquoi ils l'ont créé à Sheffield: il vient de la région, tout le monde était chômeur ou presque à l'époque donc ils ne risquaient pas d'être embêtés par les services sociaux et il était possible d'avoir des espaces pour répéter, froids mais grands. Il ne voit pas d'un très bon œil la rénovation de Sheffield, ce n'est pas la rénovation qui pose problème mais le fait qu'elle semble seulement centrée sur les étudiant.e.s. Au sujet de Brexit, contre lequel il est, est-il nécessaire de le préciser, il me dit qu'une grande partie des gens qui habitent dans la région n'ont même pas conscience de ce qui a été perdu puisqu'ils n'en profitaient pas à l'origine. Très vite, il me parle de Rotherham où il est allé donné un stage pour des jeunes dernièrement. C'est à 15 mn de train, le paysage là-bas change drastiquement, la misère se sent tout de suite dans les rues. Il me dit qu'une majorité du groupe avec qui il travaillait n'était jamais allé au théâtre à Sheffield et une grande partie n'était même pas allé à Sheffield.

Selon lui, l'Angleterre en est arrivé là parce qu'elle n'est simplement pas capable de voter pour un gouvernement qui penserait en termes d'égalité.

On parle de son rapport au travail, de la nécessité de se documenter ou pas quand on se retrouve face au plateau. Je prends beaucoup de notes après notre rencontre que je ne retranscrirai pas ici car trop personnelles.











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C. est d'origine nigériane et aime aussi beaucoup Bristol. Il aime son cosmopolitisme et la gentillesse de ses habitant.e.s. Il habitait avant à Cardiff et il trouve que les gens ici sont plus "éduqué