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  • Catherine Hargreaves

5 novembre

Dernière mise à jour : 7 janv.



Je sais bien que les conclusions que je tire des mes errances ici ne sont en rien des découvertes. Je pourrais peut-être arriver aux mêmes en me documentant ou en lisant les infos. Je ne suis pas non plus en train de récolter de la matière pour faire un spectacle documentaire, je n'ai rien contre mais je ne saurais pas le faire. Je n'ai rien à expliquer ou démontrer, je ne veux pas non plus montrer la complexité du monde du point de vue intellectuel ou de celui du débat. Là encore je n'ai rien contre mais je ne saurais pas le faire. Et puis ce blog est loin du spectacle que j'écris. C'est juste un moyen de me rappeler des sensations et d'un rapport au monde que j'avais pendant cette résidence. Des éléments qui me renvoient à une intuition purement sensitive et qui m'aide à réfléchir autrement. C'est cette intuition-là que je veux mettre sur une scène et que je ne peux pas écrire ici. Reste encore à savoir quel genre de scène ça sera.

Cette démarche de mise en scène, je l'ai commencée avec Dead Woman Laughing puis continué avec Autonomie: la défaite! C'est cette idée d'aller voir par soi-même, de se confronter à la réalité et peut-être oui, d'y récupérer simplement un rapport plus authentique. Les siècles de littérature, la société du spectacle et de consommation nous mènent souvent à nous demander à quel point nous sommes conditionné.e.s, à quel point nos sensations, nos découvertes, nos créations nous appartiennent vraiment, à quel point nous en sommes les auteurices. Et puis il y a ce monde de l'information, de la communication, des réseaux sociaux, du virtuel. Je crois que je préfère mille fois une expérience ringarde, non sensationnelle qui ne casse pas des briques voire à côté de la plaque mais réellement vécue qu'une expérience qui en jette mais avec laquelle je n'ai aucune prise. Ca ne veut pas dire que je cherche à simplifier bien au contraire. Je veux juste plonger dans la matière jusqu'au niveau moléculaire si possible.




Dans Dead Woman Laughing, je me confrontais à la mort, il y avait le film du corps mort de ma grand-mère pour commencer, filmé à Brighton par mon oncle et nous qui discutions tout en touchant ses mains puis nous avancions avec François (avec l'aide de David Foster Wallace et Zadie Smith) dans cette confrontation avec l'absurde, ça finissait avec une cover de Death is not the end dans la version défoncée de Nick Cave, Kylie Minogue, Shane MacGowan, Blixa Bargeld et Mick Harvey.

Dans Autonomie: la défaite! c'était un voyage au sein de l'autonomie que je voulais faire avec le public, je voulais assumer et raconter sans complaisance le rapport à la défaite de ce voyage-là, voyage qui m'a menée jusqu'en Argentine. Je voulais aussi raconter l'histoire d'une personne qui tentait de confronter ses voyages par procuration - littéraires, cinématographiques etc. - à une expérience tri-dimensionnelle. Le spectacle se finissait par une apparition de RAchel avec un K-way d'éducateur qui proposait par sa présence même une façon complétement différente d'aborder le concept d'autonomie. A l'époque je savais intuitivement que sa présence était logique, aujourd'hui je dirais que sa présence représentait une vision non validiste de l'autonomie, éducatrice, elle montrait le chemin aux protagonistes et le spectacle se terminait.

Back to reality, c'est je crois une volonté d'aller découvrir ce chemin avec le public.

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C. est d'origine nigériane et aime aussi beaucoup Bristol. Il aime son cosmopolitisme et la gentillesse de ses habitant.e.s. Il habitait avant à Cardiff et il trouve que les gens ici sont plus "éduqué